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L’expérience la plus longue du monde

Dans le domaine de la durabilité, les essais sont souvent longs, très longs.

Corrosion, fluage, corrosion sous contrainte, fatigue, peuvent imposer des essais qui se comptent en semaines ou mois. Un essai d’un an est peu courant et un essai d’une décennie, inenvisageable dans le cadre de thèses de 3 ans ou de post-docs de 2 ans.

Et bien souvent, on soumet nos travaux à la prochaine conférence en vogue avant même d’avoir réalisé les expériences….. Ben oui, il faut réserver sa place.

Pour ma part, mon plus long essai a duré 71 jours, ce qui est déjà pas mal.

Alors imaginez une expérience qui dure depuis 1927 !!

C’est l’histoire qui vous est racontée dans le lien suivant : L’expérience la plus longue du monde.

Enjoy !

L'Evolution de l'Electrochimie par W. OSTWALD

Un ouvrage à lire absolument : L’évolution de l’Electrochimie, par W. OSTWALD

Cet ouvrage, disponible gratuitement en version électronique, est paru en 1912.

Au premier abord, le lecteur trouvera une formidable histoire de l’électrochimie de sa naissance jusqu’au début du XXe siècle (attention quand même, les connaissances ont sûrement beaucoup évolué depuis 1912).

Mais cet ouvrage est aussi à lire absolument parce qu’il nous raconte l’histoire des hommes qui ont donné naissance à cette science.

On apprend que Faraday était « le troisième enfant d’un pauvre maréchal ferrant« , que « pour avoir entre les mains des livres, c’est-à-dire ce qu’il estimait au-dessus de tout, il entra en apprentissage chez un relieur, […] entra en possession de cartes d’entrée pour des conférences de Humphry Davy, […] nota par écrit ce qu’il avait compris, […] illustra le texte par des dessins soignés, et écrivit à Davy, en joignant à sa lettre ce témoignage de son zèle et de ses connaissances, et le priant de lui procurer une occupation scientifique.« . Et c’est comme cela que « le jeune homme fut d’abord quelque chose d’intermédiaire entre un garçon de laboratoire et un assistant. »

On apprend également que Joule était « propriétaire d’une grande brasserie » !

Enfin, ce livre donne à réfléchir sur le rôle de l’histoire des sciences (« moyen de recherche » ou « but en soi » ?) et sur la façon dont des théories apparaissent, évoluent, meurent ou triomphent.

A lire comme un roman !

Campagnes d’essais de fatigue : combien d’éprouvettes ?

Combien d’éprouvettes faut-il tester pour déterminer la limite d’endurance d’un matériau, vérifier une distribution ou établir une courbe S-N ?

Cette question hante l’esprit de tout ingénieur devant réaliser des campagnes de fatigue avec un budget et des délais qui ne sont pas élastiques….

Dans le document fourni ci-dessous, je propose de résumer ce que nous conseillent (ou nous déconseillent !), les normes et standards dans le domaine des matériaux, structures et assemblages.

On voit qu’il est bien difficile, pour un objectif donné (courbe S-N, limite d’endurance), de dégager une valeur précise !

Durabilite-infos_nb_eprouvettes_1

J’ajoute ci-dessous un commentaire de Henri-Paul Lieurade concernant le nombre d’essais à réaliser :

« Concernant l’article (et le tableau ) sur la définition du nombre d’éprouvettes pour tracer une courbe de Wôhler et au-delà des recommandations fournies (tableau) dans les documents normatifs et les publications, dans un cas d’utilisation précis, le nombre d’essais à réaliser dépend de l’objectif à atteindre, sachant que, du point de vue du coût des essais, il convient d’exécuter le plus petit nombre d’essais possible.
Voici quelques uns des objectifs qui peuvent être visés:
– détermination expérimentale des caractéristiques de fatigue d’un matériau: courbe de Wôhler (à 50% de probabilité de survie) et écart type.
– comparaison de différents nuances, traitements, types de matériaux : choix de quelques niveaux (de 2 à 4) et détermination de la moyenne et de l’écart type, à chaque niveau
– pour une durée de vie donnée, recherche du niveau d’amplitude de contrainte admissible pour obtenir une probabilité de survie donnée avec un intervalle de confiance choisi
– pour une amplitude de contrainte donnée, détermination de la durée de vie admissible, avec une probabilité de survie donnée et un intervalle de confiance choisi.
D’une façon générale, le nombre d’éprouvettes idéal est celui qui permet d’obtenir l’information recherchée (exprimée en probabilité de rupture donnée, avec un intervalle de confiance fixé), en exécutant le nombre d’essais le plus faible.
Pour le tracé correct d’une courbe de Wöhler, un point important concerne aussi la distribution des niveaux d’essais, dans la plage de durées de vie considérées et le nombre d’éprouvettes testées à chacun de ces niveaux
«